Des bureaux temporairement transformés en logements

Vacants, les anciens locaux de Steria ont été temporairement transformés en appartements en attendant d’y réinstaller une activité économique. Un concept développé par la société hollandaise Camelot qui permet de sécuriser les locaux économiques.

Le Progrès | 1er Mars 2017 | K. Triet

Vacants, les anciens locaux de Steria ont été temporairement transformés en logements en attendant d’y réinstaller une activité économique. Un concept développé par la société hollandaise Camelot qui permet de sécuriser les locaux économiques.

C’est un concept original et inédit à Roanne. Depuis décembre, l’ancien immeuble de Steria (qui appartient à Engie), situé rue Raoul-Follereau, est temporairement transformé en appartements. Le concept, développé par la société Camelot, qui s’est spé- cialisée dans ce type d’opération, consiste à protéger des immeubles vacants par occupation. Une fois posées les cloisons, fin 2016, dans ce vaste bâtiment de 500 m2 qui possède deux grands plateaux, douze logements individuels ont été aménagés, avec une cuisine et des sanitaires communs, dans un principe de colocation.

L’idée est que des résidents y emménagent le temps que l’immeuble soit vendu ou qu’une nouvelle entreprise s’y installe. On ne parle pas de locataires, mais de résidents temporaires qui peuvent être amenés à quitter les lieux avec un seul mois de préavis. Car Camelot utilise un article de la loi Mole qui pré- voit la restitution à tout moment du bien au propriétaire. En contrepartie, les tarifs sont extrêmement avantageux : 170 à 220 euros par mois, charges comprises. Le locataire peut aussi partir avec seulement 15 jours de préavis.

Isabelle est très enthousiasmée par son loft aménagé dans cet immeuble appartenant à Engie.

Pour l’instant, il n’y a que deux résidents, dont Isabelle Ferry, qui, pour des raisons personnelles, recherchait un logement assez rapidement. « Je cherchais quelque chose de central et pas cher et je suis tombée sur une annonce de Camelot sur leboncoin. L’avantage, c’est que je suis arrivée avec les papiers et je pouvais emménager le jour-mê- me. » Pour cette enseignante, qui vivait dans une villa à la campagne, le changement est radical et l’expérience peut paraître surprenante en arrivant dans ces grands locaux économiques. Mais une fois son logement aménagé à son goût, on oublierait presque qu’on se trouve sur un ancien « open space ». « Je m’y sens très bien, c’est propre, lumineux. Je ne me serais pas vue m’isoler dans un appartement. Là, il y a l’aspect colocation, même si on n’est que deux pour l’instant, mais j’espère qu’il y aura vite d’autres locataires. C’est la vie de châ- teau à Camelot ! » À un prix imbattable : « Qu’est-ce que c’est 200 euros pour être logée, éclairée et chauffée ? Il faut juste se réapproprier les lieux. »

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