Marseille. Comment Camelot occupe les sites vacants

Marseille. Comment Camelot occupe les sites vacants

Le Journal des Entreprises | 16 Mai 2017 | C. Véran

Marseille. Comment Camelot occupe des sites vacants

La société Camelot vient de s’installer à Marseille où elle propose la sécurisation de sites vacants... par l’occupation temporaire. Détails...

Le concept de Camelot a vu le jour en Hollande en 1993. La société, créée par Joost Vangestel, a ainsi mis en place un service novateur et original : la sécurisation de sites temporairement vides par l’occupation. « Les Pays-Bas enregistrent un taux de bâtiments vacants de 15%, soit du double de ce que l’on trouve à Paris, par exemple. Dans ce pays, une vingtaine de sociétés concurrentes sont positionnées sur ce marché et 50.000 personnes sont logées par ce système original», confie Corentin Pinier, qui a en charge le développement du concept dans la région marseillaise. Camelot est présente en Europe, au Royaume-Uni, en Irlande, en Belgique et en Allemagne. Elle s’est installée à Paris en 2012 et, fin 2016, une agence a été installée à Marseille.

150 personnes logées à Marseille 

«Les premiers contrats ont été gérés depuis Paris et nous connaissons une forte croissance sur la Cité Phocéenne. Il y a pas mal d’entreprises qui changent d’adresse avec le développement du secteur d’Euroméditerranée et, donc, des bâtiments vacants». Dans l’idéal, le propriétaire du bâtiment tente de le louer. «Mais les propriétaires/utilisateurs ne sont pas rodés à cet exercice. Dans le cas où le site doit être vendu, il peut souvent s’écouler au moins un an et demi, voire deux ans, avant qu’il ne change de mains ou qu’il ne soit détruit». Durant tout ce temps, le bien demeure vacant et il est nécessaire de le protéger. «Plutôt que de faire appel au gardiennage, souvent coûteux, nous proposons d’installer dans les lieux des résidents temportaires, qui vont vivre sur place. Les bureaux, les salles de réunion sont reconvertis en chambres et nous installons des cuisines, des douches. Le propriétaire ne gagne pas d’argent avec cette formule, mais réduit considérablement sa facture, par rapport à un gardiennage jour et nuit».

Une loi de 2011 définit le statut de résident temporaire. Le site ne change pas de destination et la relation entre les parties n’est pas celle du classique locataire/propriétaire. Le loyer ne peut ainsi pas dépasser 201 euros par mois, sans charge. L’eau, l’électricité, le chauffage demeurent à la charge du propriétaire. «Les modalités de résiliation sont simplifiées. Les délais de préavis ne dépassent pas un mois et la trève hibernale n’est pas prise en compte», ajoute Corentin Pinier, qui rappelle que Camelot héberge ainsi 400 résidents en France. «Notre expertise dans ce métier nous permet de trouver des résidents facilement. Nous misons sur le personnel médical en formation, sur les pompiers durant l’été ou encore les jeunes policiers. Ces trois professions représentent 75% des personnes que nous hébergeons». L’ancien siège de la MGEN à Marseille, des appartements vides de la rue de la République, des locaux de la ville de Marseille sont ainsi notamment occupés par des résidents temporaires.

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