Pour les locaux vacants, penser sécurité et agir utile

Partenaire reconnu pour la création des solutions de logements temporaires et abordables dans six pays européens, Camelot Europe préserve les bâtiments inutilisés de tout type en créant une offre de logement à coût abordable pour un public cible. Objectif pour 2017 : doubler le nombre d'occupants et accompagner les opérations de renouvellement urbain.

Europe Parlementaire | Trimestriel N°30 Janvier - Février - Mars 2017 | A. Asse

Le Magazine EUROPE PARLEMENTAIRE - Modernisation des administrations

Pouvez-vous nous faire un état des lieux des locaux vacants au regard de votre expérience européenne ?

Olivier Berbudeau, Directeur Francde Camelot Europe: Nous constatons une tendance de fond en Europe et l’affirmation d’un secteur d’activité composé d’une centaine d’opérateurs dédié à la gestion et à l’occupation temporaire de locaux vacants. La majorité des  grandes villes européennes comme Amsterdam, Londres ou Bruxelles font appel à des solutions d’occupation axées sur le logement temporaire à coût abordable. Aussi, nous constatons en Europe une forte demande provenant de salariés en mobilité géographique tels que fonctionnaires en mutation, personnels hospitaliers et salariés. Nous sommes en contact avec certains gouvernements d’Europe du Sud et de Scandinavie. En France, ce sont déjà 400 personnes réparties sur 32 sites qui résident dans des  lieux originaux comme des immeubles de bureau, une maison de retraite ou une caserne pour le compte de propriétaire tels qu’Engie, la Métropole de Lyon ou l’Établissement public foncier de Poitou-Charentes.

Concrètement, à quels risques, liés aux locaux vacants, pensez-vous ?

O. B. : Les risques liés aux locaux vacants sont de trois niveaux : risques d’occupation illégale et de tensions avec les administrés, risques de vandalismes contribuant à entamer un processus de dégradation du quartier, risques de dépenses imprévues comme gardiennage ou remise en état. En bout de course, c’est l’image d’un quartier ou d’une ville qui reste en jeu. Un bâtiment ou un quartier abandonné peuvent nuire à l’image d’une commune avec des quartiers laissés à l’abandon. Si l’opérateur public n’agit pas, cela tend les relations entre les administrés et les élus locaux et les protagonistes du projet immobilier. Enfin, si la gestion n’est pas rationalisée, les coûts de gardiennage, de remise en état ou de maintenance, peuvent devenir hors de contrôle.

Justement, comment conciliez-vous la préservation des biens et le maintien de la qualité de vie locale ?

O. B. : Notre activité repose sur l’article 101 de la loi MOLLE – mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion − visant à la  protection et à la préservation de locaux vacants par des résidents temporaires, texte porté initialement par l’ex-député-maire de Versailles Étienne Pinte. Le simple fait d’occuper des bâtiments, qui resteraient sinon inutilisés, impacte positivement la qualité de vie locale. Nous nouons ainsi des partenariats avec de grandes entreprises ou des organismes publics en recherche de logement temporaires pour leurs effectifs en mobilité. Nous procédons pendant l’occupation des biens immobilière à une gestion active des sites : visites régulières, rapport détaillé sur l‘état du bien, recommandations de maintenance préventive adaptée visant à conserver la valeur du bien immobilier.

"Protéger et préserver les batiments publics inutilisés."

La création d’une offre de résidence à coût abordable pour un public cible de salariés contribue à renforcer  l’attractivité du territoire et accompagne ainsi intelligemment les mutations urbaines. À ce titre, la protection par occupation représente une solution vertueuse et gagnant-gagnant pour les propriétaires publics ou privés, pour les administrés et enfin pour les résidents temporaires.

 

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