9 000 logements vacants recensés à Marseille

Selon une étude révélée hier par l’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône (Adil 13), près de 12 000 logements qui seraient actuellement vacants dans le département (9 000 sur la seule ville de Marseille).

9 000 logements vacants recensés à Marseille

D’un côté, des milliers de familles touchées de plein fouet par les affres du mal logement. Dans le désarroi le plus total... Exemple frappant hier matin à la cité populaire des Aygalades (15e), avec une mère de cinq enfants, dont une fille handicapée, qui a échappé, sous nos yeux, à l’expulsion programmée du logement qu’elle squattait. Sauvée de la rue grâce à la farouche mobilisation de ses voisins. "Dans notre immeuble, il y a plein de logements inoccupés et on veut mettre cette pauvre femme dehors avec ses gosses. C’est honteux !", se désole l’un d’eux.

De l’autre, en effet, selon une étude révélée hier par l’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône (Adil 13), près de 12 000 logements qui seraient actuellement vacants dans le département (9 000 sur la seule ville de Marseille). "Une vacance qui connaît un allongement sensible. De plus d’un an pour certains biens", pointe le document.

Des cas de successions compliquées

Forcément, ces deux constats, mis face à face, ne peuvent que choquer. Et appeler à une question franche posée, hier, à 9 spécialistes de l’immobilier invités à l’Hôtel du département, dans le cadre d’un colloque sur l’habitat : "Pourquoi s’assigner des objectifs de logements neufs aussi élevés alors que le parc existant produit de la vacance ?
Mais non, il faut croire que l’affaire n’est pas si simple. "Notre démarche consiste à éviter le piège de la dichotomie, pose Thierry Moallic, directeur de l’Adil, entre ceux qui pensent que ces appartements vacants constituent une solution à tout et d’autres pour qui ils sont forcément libres pour de bonnes raisons."

Dans cette catégorie, Auguste Lafon, représentant les propriétaires de l’UNPI, monte au créneau : "C’est un vieux serpent de mer !, estime-t-il, nous sommes souvent dans des cas de successions compliquées ou face à des propriétaires âgés qui n’ont pas les moyens de réhabiliter des propriétés dégradées et inhabitables."

Plus que des logiques spéculatives, qui existent pourtant bel et bien, la rue de la République (2e) en est un bon exemple. Frédéric Guinieri, de l’Union des Maires du département, pointe de son côté des "loyers parfois trop élevés après travaux pour que les appartements trouvent preneurs"..
Il n’en reste pas moins, au cœur du problème, que les chiffres sont affolants : selon un rapport de la fondation Abbé Pierre, chaque année, plus de 12 000 Marseillais se retrouvent, à un moment ou un autre, poussés à la rue.