Des bureaux vacants transformés en logements

A Pamiers, deux personnes vivent déjà dans une résidence Camelot : un employé de la fonction public et un professionnel de santé. Cela illustre bien la sociologie des pensionnaires de l'entreprise qui s'adresse en priorité à des personnes qui cherchent des logements temporaires pour cause de mutation, de séparation, de formation…

La Dépêche | 13 Mars 2018 | E. Droillard

 

Après avoir été inventé aux Pays-Bas, puis essaimé au Royaume-Uni, Irlande, Belgique et Allemagne, voilà le phénomène qui débarque à Pamiers.

Convertir les bâtiments à l'abandon (hôpitaux, bureaux, casernes…) en logements. Depuis un mois, Camelot Europe a ouvert une résidence sur la cité aux Trois clocher. Elle se situe dans les anciens locaux de GDF, rue du Maréchal Clauzel. Pour, entre 151, 80 € à 203 € par mois (charges comprises), vous pouvez disposer d'une chambre non meublée et fermée à clés. Elle mesure entre 11 et 28m². Les locataires partagent cuisine, salle de douche et sanitaire. Inconvénient, la durée de location est flexible. Il y a un mois de préavis. Enfin, pour pouvoir y accéder, il faut être salarié ou avoir des revenus fixes. Au total, il y a dix chambres.

Deux personnes y vivent déjà : un employé de la fonction public et un professionnel de santé. Cela illustre bien la sociologie des pensionnaires de l'entreprise qui s'adresse en priorité à des personnes qui cherchent des logements temporaires pour cause de mutation, de séparation, de formation…

Camelot Europe est une société hollandaise qui propose l'occupation de locaux vacants comme logements temporaires. En France, elle s'appuie sur l'article 101 de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion qui permet aux bailleurs disposant de locaux vacants de les confier jusqu'à six ans maximum à des sociétés qui se chargent d'y placer des résidents. C'est ce qui explique sa venue à Pamiers, dans le cadre d'un contrat national avec Engie (ex GDF). «L'occupation temporaire permet de redonner vie à des bâtiments en attente de projets et continue à renforcer l'attractivité du territoire», souligne l'entreprise, qui indique qu'elle offre aussi une «protection par occupation».

"L'entreprise qui s'adresse en priorité à des personnes qui cherchent des logements temporaires pour cause de mutation, de séparation, de formation..."

Cette résidence est la première ouverte dans la région toulousaine, la seule en Occitanie. Deux autres devraient voir le jour très prochainement.

Sur Pamiers, il existe beaucoup de logements vacants. 14 % au total selon les derniers chiffres de l'Insee (toujours 2014). La majorité sont situés en centre-ville dans la zone classée quartier prioritaire par la politique de la ville. On compte également un pourcentage de locataires plus important que la moyenne nationale.

Il y a aussi des bâtiments inoccupés. Ainsi, dans un autre esprit, l'ancien évêché devrait être lui transformé en pension de famille, gérée par Emmaüs.