Des logements temporaires pour éviter le squat

Chauny : Des logements temporaires pour éviter le squat. L’ancienne agence chaunoise EDF-GDF, fermée au public depuis plusieurs années, a été transformée en une dizaine de chambres, en attendant de trouver un acheteur.

Des logements temporaires pour éviter le squat

Chauny : Des logements temporaires pour éviter le squat

L'Aisne Nouvelle: 

L’ancienne agence chaunoise EDF-GDF, fermée au public depuis plusieurs années, a été transformée en une dizaine de chambres, en attendant de trouver un acheteur.

Libéré de ses activités (et de ses employés) « depuis deux-trois ans », le bâtiment appartenant à GDF Suez fait l’objet d’une protection par occupation. Ce dispositif reste méconnu, mais il n’est pourtant pas nouveau puisque le décret relatif à l’occupation de locaux « en vue de leur protection et préservation par des résidents temporaires » date de décembre 2009.

Si dans les villes de plus grande taille, cette pratique tend à se développer, elle demeure rare dans des secteurs comme les nôtres. À Chauny, l’ancienne agence EDF-GDF est apparemment la seule à avoir vu ses locaux se transformer en une dizaine de chambres ; une modification qui a été soumise à autorisation préfectorale. « En attendant de pouvoir vendre un jour cet immeuble, on a choisi cette option plutôt que de laisser le site vacant », explique Bruno Bourgeois, le responsable régional immobilier du nord de la France. Pour son groupe, c’est l’assurance d’avoir ses locaux être maintenus en état. « Cela évite les squats et les dégradations en tous genres. On sait aussi qu’un bâtiment inoccupé longtemps peut vite s’abîmer.


C’est donc de manière assez naturelle et réfléchie que GDF Suez s’est tournée vers une société spécialisée « dans la gestion de locaux vacants par occupation temporaire » : Camelot. Son rôle est de trouver des résidents. Dans le cas du bâtiment chaunois situé rue Géo-Lufbéry, elle est rétribuée par son client 250 €/mois. « Cela représente donc un coût annuel de 3000€. Dit comme ça, cela peut paraître cher pour des locaux qu’on n’utilise plus, mais je peux vous dire que ça revient beaucoup moins cher qu’un gardiennage classique », précise Bruno Bourgeois. Financièrement, ce n’est donc pas une mauvaise affaire.


100 à 200 € le loyer
Les résidents, « à ne pas confondre avec des locataires », souligne Olivier Berdudeau, directeur du développement au sein de la société Camelot (lire notre encadré), sont aussi gagnants. Le prix du loyer se situe entre 100 et 200 €/mois en fonction de la surface. « À Chauny, les chambres vont de 13 à 30 m2. C’est un mode vie en co-occupation », c’est-à-dire que la cuisine, les trois douches et les six sanitaires sont communs. « Ce sont des conditions plus que correctes. On ne surpeuple pas », insiste le responsable.


Le « public » intéressé par ce type de logement est composé « à 90 % de salariés en recherche de mobilité ». Trois conditions sont exigées par les « recruteurs » : être majeur, avoir un revenu régulier, et pouvoir se reloger rapidement si le propriétaire des lieux devenait soudain vendeur. Dans certaines situations, des étudiants, des apprentis peuvent être hébergés.
La sécurisation par occupation est, enfin, un bon moyen pour le spécialiste de l’immobilier vacant de voir son chiffre d’affaires croître. Ce dispositif né aux Pays-Bas et en Belgique, avant d’être très utilisé en Angleterre, pourrait connaître une forte croissance en France. Rien que dans le Pays chaunois, pas mal de bureaux sont inoccupés. Pour le moment.


Des résidents temporaires
Responsable du développement à la société Camelot, Olivier Berdudeau insiste sur cette notion de résidents, et non pas de locataires. « Ce sont deux statuts différents », indique-t-il. Si, dans les faits, les occupants des locaux laissés vacants ont eux aussi un loyer à payer, ils ne sont pas à l’abri de devoir retrouver rapidement un autre logement. « Les propriétaires ont un mois de préavis pour reprendre leurs biens. » Dans ce cas, les résidents doivent faire preuve de réactivité.


Pas de durée précise
Camelot demande donc de la flexibilité. « Attention, la résidence temporaire est très différente de la location. Ainsi, vous ne savez pas à l’avance combien de temps vous pourrez séjourner dans l’immeuble. Nous essayons toutefois de reloger les résidents en fonction de nos disponibilités », est-il mentionné sur leur site internet.
L’accent est aussi mis sur le respect des lieux. « Nous attendons de nos résidents qu’ils fassent usage convenable de leur lieu d’habitation. L’immeuble et les alentours doivent impérativement être maintenus en parfait état. Nous sommes très exigeants sur cet aspect, c’est pourquoi des inspections sont effectuées tous les mois ».


L’organisme demande par ailleurs aux résidents d’effectuer eux-mêmes l’entretien courant, « tels que le remplacement d’une ampoule ou le débouchage d’un évier »

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