Durant le confinement, le coliving démontre la résilience de son modèle (CFI)

Selon un sondage mené par Crédit foncier immobilier (CFI) auprès de gestionnaires et d'investisseurs britanniques, allemands, français et espagnols, le taux d’occupation des résidences de coliving européennes s’est avéré très peu impacté par la crise sanitaire actuelle.

Business Immo | 23/04/2020 | La rédaction

Durant le confinement, le coliving démontre la résilience de son modèle (CFI)​

« En moyenne, la baisse du taux d’occupation financier reste néanmoins inférieure à 5 %, pour une durée moyenne des séjours qui dépasse neuf mois, explique Cécile Blanchard, directrice recherche et communication chez CFI. Pour autant, la commercialisation se poursuit et des baux ont d’ores et déjà été signés en ligne pour un emménagement prévu une fois le confinement levé. La quasi-totalité des résidents a ainsi privilégié le vivre-ensemble, notamment en Espagne et en France, où les restrictions sont encore particulièrement strictes. »

L’occupation des sites peut néanmoins être influencée par la nationalité des occupants, selon le sondage, alors que certains résidents étrangers ont résilié leurs baux, développe Cécile Blanchard : « C’est à Londres que ce phénomène est le plus marqué, les sites des autres grandes villes continentales accueillant majoritairement des locataires nationaux. Pourtant, même à Londres, le taux d’occupation atteint toujours 80 %. »

Signe du succès de ce modèle reposant sur une combinaison d’étudiants et de jeunes actifs tant étrangers que locaux, aucun opérateur sondé par CFI n’a rapporté d’impayés ou envisagé une renégociation de loyer ou de bail. « Qu’ils interviennent au Royaume-Uni, en Allemagne, en France ou en Espagne, le seul impact négatif de la crise sanitaire réside pour eux bien plus dans le ralentissement de leurs ambitions de développement, freinées par l’arrêt de la plupart des chantiers », observe Cécile Blanchard.

Repenser les services et l’aménagement des espaces

Les sites étudiés par CFI ont continué de rendre leurs espaces communs durant la période de confinement. En revanche, leurs gestionnaires ont dû repenser leurs offres de services pour s’ajuster à la situation actuelle.

« Les cours de fitness ou de cuisine sont désormais dispensés en ligne et certains opérateurs ont contracté un partenariat avec des centres de psychologues pour les résidents qui souffrent tout particulièrement de l’éloignement d’avec leurs proches, explique Cécile Blanchard. En outre, des accords avec des producteurs de proximité permettent un enrichissement de la gamme des produits livrés. Les exploitants ont également mis en place de nouvelles animations, organisées à travers tous leurs sites, pour stimuler les échanges de savoir-faire et de compétence entre résidents. »

La période de confinement actuelle force en outre les gestionnaires de coliving à revoir l’organisation de leurs espaces en adéquation avec l’évolution soudaine des usages, révèle CFI. La mutabilité des espaces est par exemple repensée afin de répondre aux besoins croissants de télétravail des résidents, notamment avec un agrandissement des espaces communs. L’accueil des colivers par petits groupes d’environ dix personnes est également une piste souvent privilégiée pour limiter les risques de contagion.

« Cette approche multi-usage est partagée par les investisseurs immobiliers investis dans le secteur qui, s’ils ont toujours privilégié la possibilité de reconversion des actifs développés en coliving, intègrent également la modularité des espaces lors de la phase de construction pour en faciliter l’exploitation », avance Cécile Blanchard.

Vers l’émergence de nouveaux acteurs ?

La résilience affichée par les résidences de coliving, à un moment où les établissements proposant des escales courtes observent une affluence quasi inexistante de nouveaux résidents, pourrait inciter certains opérateurs d’hébergement collectif à se réorganiser pour offrir des séjours de plus longue durée, révèle le sondage mené par CFI.

« Certains des opérateurs que nous avons interrogés confirment même être approchés par des propriétaires d’immeubles conçus pour des séjours courts, en Espagne notamment, conclut Cécile Blanchard. L’objectif est bien de réaménager ces actifs en espaces de coliving, afin d’en pérenniser les revenus locatifs. Compte tenu de la très grande résilience de ce modèle, il n’est pas étonnant que d’autres acteurs veuillent s’approprier une part du gâteau. Pour autant, seuls les spécialistes, qui ont su développer des concepts attractifs et déjà éprouvés, seront à même d’apporter des réponses adaptées. »