En trois ans, le nombre de bureaux vides a diminué de moitié à Paris

Le taux de vacance des bureaux atteint aujourd’hui le niveau «inégalé» de 2,2% à Paris, selon Colliers International. La baisse est généralisée en Ile-de-France, même à La Défense où ce taux est en chute libre.

Le Figaro | 4 Novembre 2018 | G. Errard

Au ministère de la Ville et du logement, Julien Denormandie en a fait un de ses chevaux de bataille: lutter conte les logements vacants. Aujourd’hui, la France en compte un peu moins de trois millions, selon l’Insee. Soit presque autant que de résidences secondaires (3,5 millions). Alors que le pays manque de toits, leur nombre ne cesse de s’accroître: entre 2013 et 2018, il a grimpé de près de 3%.

Pour y remédier, la loi logement qui sera bientôt promulguée, prévoit de faciliter la transformation de bureaux vacants en logements (voir ci-dessous). Les promoteurs qui réaliseront ces opérations lourdes et souvent très coûteuses bénéficieront d’un «bonus de constructibilité» (c’est-à-dire d’une surface constructible supplémentaire) augmenté de 10% à 30%, comme le souhaitait la profession.

Par ailleurs, une catégorie d’immeubles de «moyenne hauteur» (de 28 à 50 mètres) sera créée pour faciliter cette mutation. «En Ile-de-France, les propriétaires des bureaux se sont engagés à transformer 500.000 m² de bureaux en logements d’ici la fin du quinquennat», a déclaré Julien Denormandie cette semaine sur BFM TV. Le gouvernement s’est donné jusqu’à 2020 pour identifier ces 500.000 m² de bureaux et jusqu’à 2022 pour en faire entre 10.000 et 20.000 logements.

En 2017, le stock de bureaux vacants en Ile-de-France était évalué à environ 3,3 millions de m², soit un taux de vacance de 6,7%, selon l’Observatoire régional de l’immobilier d’entreprise. Le ministre se réjouira sans doute que ce chiffre a reculé à 2,9 millions de m² disponibles, soit un taux de vacance de 5,5%, en 2018, selon une étude de Colliers International (voir ci-dessous). Du jamais vu depuis 2008. En un an, ce taux a baissé de 13%.

À Paris, actuellement en pénurie d’offre, le taux de vacance atteint un niveau «inégalé» de 2,2%. Ce chiffre passe sous la barre des 2% pour Paris Centre Ouest (Ier, IIe, VIIIe, IXe, XVIe et XVIIe). Même le quartier d’affaires de La Défense ne déroge pas à la règle: il y a cinq ans, ce taux tutoyait des sommets: autour de 13%. Il n’est plus aujourd’hui que de 4,8%. Du jamais vu depuis près de dix ans. «Toutes les typologies d’actifs sont concernées par cette baisse et notamment les surfaces de première main (des locaux n’ayant jamais été occupés) qui ne représentent plus que 16% de l’offre totale immédiatement disponible (soit environ 557.000m²)», explique Colliers International.