France Bleu : J’habite dans un bureau

Vivre dans un une ancienne entreprise et installer son lit dans un bureau c’est possible. Une société propose ce type de logement en région parisienne et à Paris depuis 2013.

France Bleu : J’habite dans un bureau

Louer un ancien bureau pour y vivre quelques mois ou plusieurs années, c’est possible à Paris et en région parisienne. L’idée est née aux Pays Bas en 1993 et là-bas près de 100 mille personnes habitent dans des bureaux.

En France, le concept est en train de se développer. En région parisienne et à Paris, une quinzaine d’endroits sont concernés. A Paris, l’adresse est prestigieuse. Elle se trouve entre le jardin des Tuileries et la place Vendôme. Dans les anciens locaux de cette entreprise, il y a 21 personnes. On peut comparer le bâtiment à une grande colocation où chaque résident a sa chambre et partage les parties communes. Tout le monde doit participer au ménage. Cuisine et sanitaires sont communs.

Pour la société qui possède ces bureaux, c’est une façon d’occuper les lieux et d’éviter les dégradations et les squatteurs. C'est le principal argument de la société Camelot Property, gestionnaire de locaux vacants, pour convaincre les chefs d'entreprises qui ont des locaux vides. "Ce qu'on constate aujourd'hui dans l'immobilier vacant, c'est la problématique du vol de matériaux, du vandalisme et des délais que ça va générer derrière pour le propriétaire dans le cadre de son projet", explique Olivier Berbudeau, directeur du développement à Camelot Property France. "Une lumière allumée, des entrées, des sorties, des voitures garées devant le bâtiment redonnent une seconde vie au site et c'est massivement dissuasif, c'est clair".


"Pour le propriétaire, la valeur de son patrimoine est maintenue" : Olivier Berbudeau, directeur du développement à Camelot Property France. 

Une location pas tout à fait comme les autres

Il y a trois ans, la société Camelot Property s’est lancée sur ce créneau de la location du bureau comme habitation. Elle a repéré des bâtiments de bureaux vides et elle a proposé aux entreprises de les louer comme des logements. Elle se charge de trouver des résidents temporaires qui versent une redevance de quelques centaines d’euros. A Paris et en région parisienne, ces "loyers" sont compris entre 100 et 200 euros. Pour pouvoir accéder à ces "logements", il faut s’inscrire sur le site de Camelot Property. Attention il y a des contraintes.

Qui peut habiter dans un bureau ?

Pour pouvoir être retenu, il faut avoir des revenus et une solution rapide de replis car on ne sait pas à l'avance combien de temps on peut séjourner dans l'immeuble. Ces bâtiments, destinés à la vente, la rénovation ou même la démolition, doivent pouvoir être récupérés très vite. Le résident aura donc un mois de préavis seulement et il accepte qu’on lui demande de partir à tout moment. Tous les résidents vivent de façon temporaire dans la ville où ils louent. Il est interdit d’avoir des animaux. On ne peut pas faire de fêtes ni fumer à l’intérieur des locaux. Tout doit rester en parfait état et des inspections ont lieu tous les mois. "Voilà, un planning ménage, on s'est mis d'accord, chacun sa semaine, comme ça, ça reste propre", précise Julien, l'un des résidents à Paris. Ces petites contraintes, tout le monde les accepte sans broncher car elles semblent bien peu de chose par rapport aux avantages, principalement financiers.

Ce type de logement est aussi proposé dans d'autres villes en France. Il y a, en tout, actuellement une trentaine de sites loués temporairement; il y en aura une vingtaine de plus dans les mois qui viennent.