J'habite un immeuble de bureaux

Une société spécialisée propose des locations temporaires dans un immeuble de bureaux. Une pratique qui tend à se développer. Transformer des bureaux ou des locaux vacants en logements temporaires. Ce concept, apparu aux Pays Bas dans les années 80, a fait son apparition à Châtellerault.

J'habite un immeuble de bureaux

L'idée est toute simple… « On a le constat qu'il y a des immeubles vides qui génèrent des coûts et des risques, par exemple d'être vandalisés ou squattés, pour lesquels les propriétaires ont peu de solutions, explique Olivier Berbudeau, directeur de développement chez Camelot Property, une société spécialisée dans ce type de prestation. Or, ces bâtiments, anciens bureaux, usine, hôpital, etc. sont rarement vides pour un mois mais plutôt pour un ou deux ans. Il peut y avoir des gens intéressés pour y loger pendant un temps donné à faible coût. C'est du gagnant-gagnant. »

100 € à 200 € par mois tout inclus

On peut trouver ça un brin immoral mais la seule présence des occupants garantit au passage la protection des bâtiments.
Ce dispositif est totalement légal. Il s'articule autour de la loi Molle sur la mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion de 2010.
Camelot Property se charge d'aménager les parties communes (cuisine, sanitaires) et d'assurer la mise à disposition des espaces « avec un minimum de services et de sécurité ». Le public visé ? Des salariés en mobilité professionnelle ou en contrat de courte durée, des apprentis, des stagiaires… Rien à voir toutefois avec du logement social, voire d'urgence. « Ça ne s'adresse pas aux familles ni aux personnes en difficultés. Nous, on est une entreprise », note Olivier Berbudeau. Pas de place à la philanthropie chez Camelot.
L'intérêt pour les gens qui adoptent cette formule n'est pas neutre. La formule est souple : pas de bail mais un contrat, 15 jours de préavis de départ pour l'occupant, un mois pour la société. Mais surtout la redevance (on ne parle pas de loyer) est basse : de 100 € à 200 € par mois tout inclus (eau, électricité, chauffage).
C'est ce qui a en partie convaincu Nicole Faustin Leybach (voir par ailleurs). A Châtellerault, la société a mis en service huit chambres dans les bureaux désaffectés d'une entreprise publique, à deux pas du centre-ville (*). La jeune femme a vu paraître une annonce sur Le Bon Coin. Pour des raisons familiales, elle avait besoin de vite se loger. Elle ne regrette visiblement pas son choix.

(*) L'entreprise en question ne souhaite pas qu'on divulgue son nom et sa localisation, selon Camelot.

elle a dit

" Tout le monde y trouve son compte "

Nicole Faustin Leybach a emménagé au mois d'avril dans des bureaux transformés en trois pièces. Pour elle qui est salariée dans une MJC de Châtellerault, c'était une solution, certes temporaire mais idéale. « J'avais besoin d'un logement en urgence mais les loyers à Châtellerault étaient beaucoup trop chers. Là, je paie 150 € par mois charges comprises. Je trouve que le concept est bien. C'est très calme. Tout le monde y trouve son compte. » Seule réserve : les sanitaires et la cuisine sont communs. Autre petit bémol pointé par la jeune femme : « Il n'y a pas de connexion Internet ! » Dans son immeuble, Nicole Faustin Leybach a comme voisins… de bureau, une infirmière en stage et un employé de la LGV.

à savoir

Implantée en Ile-de-France, la société Camelot Property gère, selon Olivier Berbudeau, une trentaine de sites, propriétés des grandes entreprises, la moitié en région parisienne, la moitié en province. De même source, elle propose ses services à deux cents résidents temporaires dans toute la France. A Châtellerault, son arrivé date du mois de mars.