L'urbanisme transitoire pour penser des villes plus résilientes

Face à la pandémie de COVID-19, des aménagements temporaires fleurissent dans les villes (pistes cyclables, élargissement de trottoirs, terrasses éphémères, etc.) pour faciliter le déconfinement et les pratiques spatiales respectueuses des consignes de distanciation sociale qui en découle.

Linkedin | 30/04/2020 | S. Suteau

Face à la pandémie de COVID-19, des aménagements temporaires fleurissent dans les villes (pistes cyclables, élargissement de trottoirs, terrasses éphémères, etc.) pour faciliter le déconfinement et les pratiques spatiales respectueuses des consignes de distanciation sociale qui en découle. À l’image de la mobilisation des espaces publics, la mobilisation du bâti est aussi une piste à explorer que certains ont commencé à envisager. 

Par exemple, dans notre métropole lyonnaise, des lieux sont déjà réquisitionnés pour contribuer à la gestion immédiate de la criseLes anciennes usines Fagor Brandt vont accueillir l'entreprise Boldoduc afin de renforcer la production de matériels sanitaires. Un ancien lieu de vie de soeurs dans le 2ème arrondissement va héberger des femmes vulnérables.

Chez Intermède, nous pensons que l’occupation de bâtiments vacants peut participer au déconfinement, accompagner la reconstruction, la relance de l’activité urbaine et participer à une nouvelle fabrique de la ville plus résiliente. 

 

• Un soutien métropolitain pour l’économie, la culture, les personnes fragilisées : des lieux pour repartir 

L’immobilier est le second poste de dépense des entreprises : trouver des solutions pour réduire ces charges immobilières va être un enjeu de taille pour certaines d’entre-elles et les acteurs socio-économiques en difficultés financières. Déjà, le plan d’urgence de gestion de crise de la Métropole de Lyon annule les loyers des 471 bâtiments dont elle est propriétaire. Les acteurs culturels sont aussi largement mis à mal par la crise et des solutions d’aide devront être pensées à leur endroit. Enfin, des personnes déjà fragilisées dans leurs vies personnelle et professionnelle auront besoin de prise de distance, de temps pour se restaurer et il y aura à penser des lieux de “répit” de diverses formes, dans des espaces qui seront pour certains inédits. 

 

• Des lieux “pépinières” à des lieux “ régénératifs” pour acteurs fragilisés 

Certains acteurs économiques, sociaux, culturels et notamment ceux qui sont déjà les plus fragiles dans la création, la reprise et la continuité de leur activité subissent de lourdes conséquences qui pourraient aller jusqu’à causer l’arrêt définitif de leur activité. C'est notamment le cas pour les jeunes entreprises, certains artisans, associations dépendant du public ou certains acteurs de la culture affectés dans leurs activités par les mesures exceptionnelles de confinement.

L'urbanisme temporaire peut être un outil pour soutenir ces acteurs après la crise que nous traversons. L’occupation temporaire des bâtiments vacants peut jouer le rôle de pépinière et d’espace ressource pour des acteurs fragilisés. Il s’agit d’activer la mutabilité de la ville, c'est à dire sa “capacité à s’adapter positivement aux transformations et à favoriser l’avènement des possibles non envisagés préalablement”1 en favorisant un urbanisme circulaire et inclusif au service des territoires.

Aujourd’hui, la plupart des lieux d'activités restent fermés pour cause de confinement. Ouvrir de nouveaux lieux d’accueil temporaires au sein de bâtiments désaffectés, ou en attente de projet urbain, pourrait être un levier économique pour aider ces structures à remettre le pied à l’étrier, accueillir leurs publics, s’inscrire dans un écosystème solidaire et trouver les ressources pour rebondir. Mutualiser les espaces, partager les outils, accéder aux accompagnements post-crise, échanger des compétences et proposer un loyer très accessible, les aideraient à limiter l’impact financier négatif qu’elles ont subi et à stimuler leurs reprises. 

L’occupation temporaire allie des conditions souples de fonctionnement, un cadre et un montage stable (gestion, sécurité, contractualisation, etc.) face à une situation fragile et incertaine pour penser une ville plus résiliente et, pourquoi pas, les lieux d’activités de demain

Seuls, nous ne pourrons pas agir. 
Dès aujourd’hui, nous proposons aux acteurs du territoire de se mobiliser pour trouver des solutions solidaires permettant de soutenir les acteurs locaux en difficulté. 
Nous appelons les acteurs de la fabrique de la ville et de l’occupation temporaire à réfléchir ensemble à une ville plus résiliente.