Quelles sont les villes où la part de logements vacants est la plus élevée ?

Alors que le parc français de logement ne parvient toujours pas à répondre à la demande, les habitations vacantes sont celles qui ont le plus progressé en 15 ans. Les villes-centres sont les plus touchées.

Le Figaro | 6 Octobre 2018 | Guillaume Errard

Ils ne représentent qu’un peu plus de 8% du parc de logements en France mais leur nombre grimpe en moyenne de 1,5% par an (contre autour de 1% pour les résidences principales et secondaires), selon une récente étude de l’Insee. Ceci explique sans doute cela. Il n’empêche: à ce rythme-là, le nombre de logements vacants pourrait bientôt rattraper celui des résidences secondaires (9,8% du nombre total de logements).

Aujourd’hui, la France compte un peu moins de 3 millions de logements vides (+2,8% entre 2013 et 2018) contre près de 3,5 millions de résidences secondaires (+1,7%). Certes, la progression du nombre de logements vacants a ralenti (+4,1% entre 2008-2013) mais la tendance de fond est là: les logements vides se multiplient. Un comble pour un parc immobilier qui affiche depuis 30 ans une croissance trop faible (+1,1% en moyenne par an) pour répondre à la demande.

Comment l’expliquer? Le taux de vacance est fort surtout dans les villes moyennes, les unités urbaines de moins de 100.000 habitants. Bref, là où l’offre est moins élevée que la demande (zones tendues). «Sur une carte de France, elle prend le pays en écharpe, du centre de la Bretagne à la Lorraine, en passant par le Massif central», précise l’Insee. Autres raisons: les logements sont en mauvais état et leurs propriétaires n’ont pas les moyens de les rénover ou encore il peut s’agir de la conséquence du départ en maison de retraite de personnes âgées sans que le logement ne soit mis en vente ou en location.

Pour l’institut de la statistique, c’est le signe d’un vieillissement accru de la population mais aussi d’une désertification croissante des zones rurales. «Dans les communes isolées hors influence urbaine, le rythme de progression de la vacance est similaire à la moyenne nationale. Ces territoires, qui restent à l’écart de la croissance démographique, cumulent vieillissement de la population et difficultés économiques. La vacance est alors le signe de l’obsolescence d’une part grandissante de leur parc de logements», explique l’institut.

Pour remédier à la multiplication des logements vacants, le gouvernement, dans sa prochaine loi logement, envisage notamment de faciliter la transformation de bureaux vacants en logements. En Ile-de-France, le stock de bureaux vides est évalué à près de 3,5 millions de m² en 2017. Entre 10.000 et 20.000 logements devraient être créés dans la région d’ici fin 2020.

En février dernier, Julien Denormandie, invité du Club Immo, expliquait le plan du gouvernement pour inciter les propriétaires, certains échaudés par exemple par les problèmes de squats, à remettre sur le marché des logements vacants.