Transformer les bureaux vides en logements ?

Toulouse Métropole compterait plus de 240 000 mètres carrés de bureaux vides, avec parfois des bâtiments inoccupés depuis dix ans. Un gâchis immobilier au regard du mal logement.

La Dépêche | 22 Janvier 2019 | La Rédaction

Toulouse Métropole compterait plus de 240 000 mètres carrés de bureaux vides, avec parfois des bâtiments inoccupés depuis dix ans.

Un gâchis immobilier au regard du mal logement.

C'est un paradoxe qui, avec la crise migratoire et les mal logés, est de plus en plus criant dans la métropole toulousaine. D'un côté, des centaines de personnes, dont des familles avec enfants jetés à la rue, hiver comme été, et de l'autre, des milliers de mètres carrés de locaux vacants. Les immeubles vitrés de la zone franche urbaine du quartier de Bordelongue au sud de la Ville rose – dont la Tour 4 des «Portes du Sud», vide depuis sa construction en 2010 – sont symptomatiques de ce gâchis immobilier. La nouvelle loi Elan (lire ci-contre), dont le coordinateur pour la majorité est le député LREM de Haute-Garonne Mickaël Nogal, pourrait y mettre un terme.

Dans ce domaine de l'immobilier d'entreprise, qui est pourtant florissant à Toulouse selon les experts (près de 4,5 millions de mètres carrés de bureaux), près de 240 000 mètres carrés sont inoccupés. Bordelongue compte environ 47 000 mètres carrés de bureaux, dont à peine 50 % sont occupés, y compris par Toulouse Métropole qui a installé une pépinière d'entreprises. Trois restaurants travaillent sur la Zone franche urbaine, mais certains commerces font grise mine après avoir parié sur une zone de chalandise bien remplie.

«Sur les trois bâtiments derrière notre restaurant qui ne sert que le midi, à peine la moitié sont occupés par des entreprises, explique Arnaud, patron de Ha Table. C'est un risque j'ai pris en venant m'installer ici. Mais depuis cinq ans, rien ne bouge». La faute aux banques qui sont propriétaires d'immeubles et ne veulent pas réduire leurs surfaces à la vente ? C'est ce qu'on peut entendre dans le quartier, sous le manteau. «Tant que de grandes entreprises ne viendront pas s'installer, tous ces bureaux resteront vides», confie Sandrine, responsable du magasin de vêtements de grande taille Stilbo. Elle assure, au demeurant, tirer parti de son commerce installé depuis quatre ans dans ce «quartier où on est au calme», mais aussi «moribond», lâche amer un employé pendant la pause repas. Selon l'étude de 2017 de CBRE – le groupe de conseil en immobilier d'entreprise, dont le siège est à Los Angeles – Toulouse Métropole (37 communes) propose 4,5 millions de m2 de bureaux, soit «un potentiel de 19,6 millions de consommateurs dans un rayon de 300 kilomètres». Malgré cette offre alléchante, les bureaux peinent à trouver des occupants.

Toulouse n'en a pas fini avec l'immobilier d'entreprise en plein boom. À l'horizon 2030, dans le cadre du projet gigantesque Teso (Toulouse Euro Sud-Ouest) autour de la gare Matabiau, 300 000 mètres carrés de bureaux et activités du tertiaire doivent être mis à disposition des entreprises.

Repères

Le chiffre : 240 000

mètres > carrés de bureaux à l'abandon. C'est le chiffre avancé par le cabinet Advenis qui a réalisé une étude sur le marché de l'immobilier d'entreprise pour le compte de Toulouse Métropole qui prévoit de créer 71 000 mètres carrés supplémentaires.

« J'ai fait adopter un amendement pour permettre l'occupation temporaire de bâtiments vacants, logements et bureaux en cas d'urgence ».Mickaël Nogal, député LREM