Viens chez moi, j’habite dans un bureau

Camelot Property loue depuis quelques années des bureaux vacants transformés en logements à des tarifs très attractifs...

Viens chez moi, j’habite dans un bureau

Une chambre de 25 m² entre le jardin des Tuileries et la place Vendôme pour 201€ par mois. Même si ça en a l’air, ce n’est pas une blague. Cette annonce cocasse est celle à laquelle les 21 résidents de cet immeuble ont répondu.

«Personne ne nous croit, s’amuse Cyprien, fonctionnaire de police de 22 ans originaire de Toulouse.Tous nos copains nous prennent pour des fous.» Si cette occasion rare s’est présentée, c’est grâce à l’entreprise Camelot Property. Implantée au Pays-Bas depuis 1993, le concept n’existe en France que depuis 3 ans.

«Nous sommes des gestionnaire de locaux vacants, explique Olivier Barbudeau, directeur de l’entreprise en France. On trouve des habitants qui occupent ces immeubles pour une somme modique, en échange ils font actes de présence.» Les 30 lieux que gère Camelot Property appartiennent à des grandes entreprises, des sociétés foncières ou encore des promoteurs.

Une colocation géante

«Avec nos résidents, il n’y a plus de risques de dégradation ou de squat», détaille Oliver Berbudeau. Du côté de la législation, «avec ces locations de bureaux vacants à des particuliers, il a y toujours une zone grise, admet Laurent Pancrazi, avocat au barreau de Paris. Mais l’article 101 de la loi pour la mobilisation et la lutte contre l’exclusion (Molle), pose un cadre juridique, certes précaire mais approprié.»

Ici, tout ressemble à une colocation classique. «On a fait un planning pour le ménage et la cuisine», raconte Ophélie Simon, résidente. «Au dernier étage, il y a une très bonne ambiance, raconte Michel, fonctionnaire de police de 24 ans. On essaie de faire la cuisine et de manger ensemble le plus possible.»

Pas d’animaux ni de fête

Tout pourrait laisser croire à un remake de Friends. Sauf que pour accéder aux quatre étages occupés, il faut emprunter un escalier de service, que les ustensiles de cuisines sont rangés dans d’anciens dossiers et que le vieux showroom a été transformé en buanderie.

Dans les 1.000 m² occupés par les résidents, chacun a sa chambre avec son étiquette nominative. Seuls les sanitaires sont communs. «On a cinq salles de bain, confie Ophélie Simon. Le tout c’est de ne pas oublier ses vêtements avant d’y aller.» Pour le moment, les résidents ne savent pas combien de temps ils pourront rester là.

«Généralement, chaque immeuble est loué pour un ou deux ans, explique Olivier Berbudeau. On prévient toujours les habitants un mois avant qu’ils doivent partir.» Pour profiter de cette offre alléchante, certains critères sont obligatoires. «Il faut être majeur, ne pas avoir d’animaux, ne pas fumer à l’intérieur et accepter de ne pas faire de fête», détaille le directeur. Et Ophélie Simon de conclure : «avant tous ces avantages, on peut bien faire quelques concessions.»